Première Partie

PREMIÈRES TRACES DE LA FAMILLE

Les histoires débutent souvent par une légende et l'histoire de la famille Dolman ne fait pas exception. Ainsi, l'idée que la famille soit d'origine écossaise est une légende, mais elle est étayée par un certain nombre de faits.

Il est généralement admis que DOW est une version anglicisée de COLM (prononcer Cullum), le mot gaulois pour DOVE et que le Clan Colm est une branche du Clan Buchanan.

Le fondateur de la famille est Alexander Dowman et Alexander était un prénom populaire en écosse en ce temps là. En outre, le fils aîné d'Alexander, Thomas, était marié avec Mary, fille de John Bruce, de toute évidence un écossais et très probablement un membre de la Maison Bruce. note Un autre point significatif est qu'Alexander possédait le manoir de Lastingham, sur la rive de Blackamoor, près de Pickering Lythe, dans le comté de York. Il y a là une petite rivière appelée la Dove qui a certainement pris son nom de la famille, comme jusqu'il y a peu, nous avons les bois Doman, du nom de la famille qui tenait la maison 'Willsfort' et des terres dans le comté de Cork aux environs du tournant du 19ème siècle.

Il est ici intéressant de noter que les écossais descendent des Dallriadans qui vinrent dans l'Ouest de l'écosse depuis l'Ulster, vers l'an 800. note Leur culture celte supérieure l'emporta progressivement sur celle des Pictes et l'irlandais devînt la langue des Highlands d'écosse.

En l'an 1290 William Dowman possédait des terres à Milington, dans le comté de York et était un juriste. C'était sous le règne du roi Edward I et ces terres étaient encore dans la famille sous le règne d'Henry VIII. Il pourrait bien être le père d'Alexandre qui, comme on l'a vu ci-dessus, possédait le manoir de Lastingham en 1340.

Que la famille fût bien établie en ce temps là est confirmé par le fait qu'Alexander épousa Mary, fille de Sir Gerard Salveyne, Shérif d'York, dont l'ancêtre combattît avec Guillaume le Conquérant à Hastings en 1066.

Bien que nous ne connaissions que peu de choses des anciens Dowmans, avant le début du 16ème siècle, lorsque la famille devînt propriétaire du manoir de Pocklington, un coup d'œil à l'histoire nous donne une idée juste de leur mode de vie et de leurs problèmes.

En effet, en ce temps là l'Angleterre traversait une période de bouleversements et de changements d'idées. Les croisés avaient ouvert l'Empire byzantin et l'Orient au commerce et Venise était le grand centre maritime. Toutes sortes de produits exotiques atteignaient l'Europe (la soie, les épices etc. ) et le fait que l'Angleterre fasse partie de l'Europe signifiait que les classes aisées adoptèrent de nouvelles idées et de nouvelles habitudes. Oxford et Cambridge furent fondées et bien sûr, les Croisés émerveillaient les populations par le récit de leurs aventures. à l'intérieur, le pays avait été pacifié; l'Angleterre bénéficiait d'un gouvernement centralisé et le parlement jouissait maintenant d'une influence considérable.

La règle de primogéniture était un gage de stabilité et les cadets, le temps venu, étaient envoyés chercher fortune ailleurs. De ce fait, l'Anglais a un esprit d'aventure et de bourlingueur. Les classes supérieures ne formaient jamais une caste fermée (comme en France) : elles se mêlaient et se mariaient avec des familles commerçantes. Ceci laissait au fils aîné suffisamment d'argent et de quiétude pour améliorer le confort du manoir et pour développer l'artisanat et l'art des ménestrels dans les grandes salles du manoir. à quoi ressemblait le manoir lorsque Alexander Dowman vivait? évidemment cela variait avec la taille du manoir. Nous pouvons penser qu'Alexander, avec son entregent, était raisonnablement influent.

L'habitation du manoir se composait d'un grand hall de pierre au toit élevé. Devant celui-ci se trouvait une cour fermée de murs et partiellement entourée de constructions. L'unique entrée était le porche de la cour, quelquefois protégé par un fossé. Il n'aurait pas pu affronter un siège mais devait permettre une protection contre une foule ou une troupe de chevaux. Les gens qui habitaient ces maisons manoirs avaient des voisins bien armés qui pouvaient être violents.

Le seigneur et ses serfs partageaient le manoir et ses ressources. Le sort de ces serfs était sinistre. Ils étaient liés à vie mais ils avaient quelques droits et certains seigneurs avaient compris que, bien traités, les serfs servaient mieux. Cependant, le tableau changea avec l'énorme pénurie de travail causée par la Peste Noire (the Black Death) et les citadins ne posaient pas top de questions quand des serfs fugueurs étaient requis.

Le seigneur du manoir correspondait ce que l'on appellerait aujourd'hui le haut de la classe moyenne (Upper Middle Class), et, en fait pourrait être appelé le premier des gentilshommes campagnards.

En 1346 Edward III battit les Français à Crécy. Cependant, l'évènement que retînt la plupart des esprits est certainement la peste noire (the Black Death), en 1348/9, qui réduisit la population de près d'un tiers. Il est probable que des lieux isolés comme Lastingham échappèrent au plus fort des ravages et on peut imaginer que, paralysés par la peur, ils se barricadaient et restaient enfermés. Comme le manoir pouvait vivre en autarcie, ce devait être possible.

La langue anglaise remplaçait maintenant le français dans les milieux cultivés. Le dialecte de l'East Midlands était parlé à Londres, Oxford et Cambridge, et employé par Chaucer qui l'enrichit de nombreux mots français et par Wycliffe qui y introduisit de nombreux mots latins.

Ainsi se présentait le monde d'Alexandre. Le système manorial sorti l'Angleterre des temps obscurs (Dark Ages). Il permit à l'homme de soumettre les forêts et de conquérir la terre.
A une époque de force brute, il protégea les faibles derrière une barrière de droit coutumier même s'ils étaient à moitié esclaves. Il apporta la paix et la stabilité mais, avec les terribles ravages de la Peste Noire, cela restait précaire. Le monde d'Alexander était en train de changer rapidement.

La population d'environ quatre millions de personnes fut réduite à probablement deux millions et demi et, de ce fait, le prix du travail doubla presque. Le travailleur libre put demander des gages plus élevés tandis que le serf demandait de meilleures conditions.

Avec le manque de travail de la terre et, évidemment, une demande réduite en nourriture, de grandes étendues retournèrent en friche. Il y avait une issue pour sortir de ce dilemme et, progressivement, les terres abandonnées furent utilisées pour les moutons et cela coïncidait avec une demande croissante en laine qui, dans l'avenir, devint une grande source de richesse pour l'Angleterre.



POCKLINGTON


Pendant la centaine d'années et plus qui suivit, la famille conserva à peu près le même mode de vie car les changements dans le Nord du pays étaient plus lents.
Les mariages se faisaient le plus souvent avec des familles locales et le fait que, vers 1470, John devînt propriétaire du grand manoir de Pocklington révèle une grande prospérité. Des notes sur l'église et l'école de Pocklington sont réunies dans le 'York Archaeological Journal', Vol. XIV 1898 par Alex D.H. Leadman, P.S.A.

«Située au pied ouest des forêts du Yorkshire, abritée par ces 'douces froides et grises collines' se trouve la ville pré Normande de Pocklingas, maintenant Pocklington, dont l'élément dominant est l'antique église paroissiale dont la belle tour sert de repère à des miles à la ronde.»

Lorsque le cadastre anglais fut établi ( 1083-6 ), c'était un manoir Royal et sous “Terre Regis" nous trouvons :

«A Pocklington, avec trois villages voisins, Haiton, Mileton, Belebi, 25 curcurates sont taxés et peut-être quinze charrues Morcar tenues pour ce manoir. Le roi possède là maintenant 13 serfs et 5 paysans ayant 5 charrues et 4 fermiers (recensés) qui paient 30 shillings. Il y a une église avec un prêtre et deux moulins payant 5 shillings. La totalité du manoir fait 4 miles de long et 3 miles de large. Il a été évalué à 56 livres et maintenant à 28. »

Cela montre comment les Normands  ont transformé cette contrée fertile en un désert.

Au manoir revient le revenu de ces terres : Meltoub Brune (Mumburtholme) une carucate, Meltebi (Meltonby) 8 carucates, Grinthorp 4 carucates. Mileton (Millington) 13 carucutes; Brunebi (Burnby) 12 carucutes. Alluures (Allerthorpe) 6 carucutes. Waplington 2 carucutes. Bernibi (Barneby Moor) 6 oxanges. Thiusdale (Tivendale) 8 carucutes and Thorp (Thorpe) 3 carucutes.

Pocklington a été un lieu de culte pendant 800 ans. La ville passa au travers d'époques troublées et probablement aussi les familles qui y vivaient pendant tous ces siècles - quelque chose qu'un Dowman irlandais pouvait envier.

Il faut noter ici que notre nom est épelé Dowman ou Dolman, quelquefois Doleman et maintenant Doman aux Etats-Unis. Nous ne savons pas pourquoi. On pense que la forme la plus ancienne est Dowman et, effectivement, tous les anciens utilisent cette forme. Lorsque j'étais enfant, mon grand-père me racontait qu'autrefois des membres de la famille tenaient la charge de gardien des colombes (en anglais dove) royales, mais je n'ai aucune idée d'où il tenait cette information. Toutefois, peu de temps après la Réforme, la famille de Pocklington semble avoir définitivement adopté le nom de Dolman. Christopher, un fils de William, de Pocklington, s'établit en Hertfosdshire (comté de Hertford) et acquît le manoir de Newnham; cette branche de la famille garda la forme du nom Dowman.


eglise

Dans l'église de Pocklington se trouve le monument des Dolman, sur lequel sont gravées les armes des Dowman :

'Azure, a fesse dancettee between eight garbs or banded gules',
soit :
'D'azur à fasce denchée d'or entre huit gerbes d'or liées de gueules'.
blason

Approximativement cela veut dire sur une enseigne bleue, 8 gerbes de blé, 4 au dessus et 4 en dessous d'une bande en zigzag rouge. Il y a au mois 6 variantes de ces armes.    Devise : 'Virtute & Veritate' (Courage et Vérité)


memorial

En dessous il y a 3 compartiments avec, au centre, les effigies de Thomas Dolman et de sa femme et, de chaque côté, les cinq fils et les trois filles agenouillés, les fils d'un côté, les filles de l'autre .. (revoir traduction).

Le monument est en marbre noir et blanc. Une inscription en latin commence par : « Hic jacet Thomas Dolman » suivi par le noms de sa femme Elizabeth, fille de Peter Vavasour, de Spaldington et d'autres membres de la famille. Le tout est surmonté par les armes de la famille Dolman divisées en quatiers avec celles du Vavasours.

Lors des modifications du sol de l'aile St. Nicolas, une dalle de pierre, brisée et détériorée, fut trouvée à 1 m 50 sous terre, sur laquelle étaient gravées les lettres J.D. Le registre de l'église commence en 1538 et comporte 19 volumes. Pas de lacune et très lisible. De nombreux Dowmans et Dolmans y sont inscrits et, de nouveau, on constate que les plus anciens sont orthographiés Dowman.

John, de Pocklington, eut deux fils, William et Robert. L'aîné, William, eut quatre fils:

L'archdiacre John était homme d'église et homme de loi de quelque renommée dont on dit qu'il fut Auditeur des Causes sous le cardinal Wolsey, ce prélat malheureux malgré sa grande énergie et sa très grande intelligence. C'est peut-être pour cette raison qu'il s'intéressa à l'éducation.
John s'occupait de la succession de nombreuses cures, dans le Sud de l'Angleterre et, de ce fait, fut nommé commanditaire, d'abord à Sarum, puis à la cathédrale de St. Paul et, finalement, à la cathédrale de Lichfield. En 1507 il fut nommé Archidiacre de Suffolk. En 1488 et 1494 il fut fait bachelier en droit canon et docteur de la loi par l'université de Cambridge.
On venait voir l'Archidiacre John depuis de nombreux endroits et, une fois, il fut envoyé enquêter sur ce que l'on pourrait appeler le laisser aller de quelques moines dont on prétendait qu'ils avaient abusé de “vin de femmes et de chants”. Au moins de la première des choses assurément. En ce temps là l'église était très sujette à ces abus et d'importants efforts étaient faits pour ramener la discipline dans les ordres religieux.

Dans l'Angleterre médiévale, l'éducation était entre les mains de l'église. Le besoin en chantres et en Clercs capables de réciter la Liturgie Latine nécessitait l'enseignement de la science de la grammaire latine pour les garçons. En fait, à travers toute l'Europe, l'église avait été le préservateur de l'éducation pendant les 'Dark Ages'. Toutefois, il y avait des conflits entre les enseignements laïcs et religieux et les grands auteurs païens Virgile et Cicéron étaient acceptés non sans soucis. Dès le treizième siècle on a fondé des écoles qui étaient laïques à la fois dans le but et le gouvernement. Pour surmonter les difficultés légales, un système de confrérie fut introduit. Ces confréries étaient établies dans les églises ou les cathédrales et étaient servies par un ou plusieurs aumôniers; elles étaient religieuses dans l'intérêt mais séculaires pour autant que leurs membres et officiers étaient tous laïques. De plus, le fait de contenir une école secondaire assurait leurs membres d'une indemnité de maladie, d'un enterrement décent et des prières pour les âmes des morts. Elles étaient également engagées dans les actions chartitables de la paroisse. C'est dans ce contexte qu'un haut officier de l'Eglise comme John Dowman vînt à fonder son école secondaire libre au sein d'une confrérie. Ces écoles donnaient des cours gratuits de latin appelés science de la grammaire. Elles coupaient les barrières de classes puisqu'elles étaient libres et le fils d'un travailleur (s'il était intelligent) partageait la même éducation (et les punitions corporelles fréquentes) que le fils d'un nanti.





L'éCOLE DE POCKLINGTON

école

La fondation et la re-fondation sont bien documentées. La date du permis accordé par lettre patente sous le Grand Sceau est le 24 mai 1514. Les terrains et constructions pour la confrérie et l'école furent disponibles en 1522. Dans l'acte daté du 1er décembre 1525 on accorde des terres à l'Université St. John de Cambridge pour fournir des bourses pour des garçons de l'école Pocklington. Dans ce document, le Docteur Dolman fait référence à 'mon école récemment construite à Pocklington'. L'acte original existe toujours et expose en latin la destination de la confrérie. Elle devait s'appeler La Fraternité ou la Guilde du nom de Jésus et de la Vierge bénie Marie et St. Nicolas fondée dans l'église de la paroisse de Pocklington dans la province d'York par John Dowman, docteur en droit.
Le Sceau de la confrérie (vérifier : the Seal of the Guild), un document assez rare, est toujours en possession de l'école; il a été décrit par A.F. Leach dans un article sur l'école dans ‘ East Riding Antiquarian Societies Transactions ’ en 1897 :

Il nous donne le garçon Jésus... un bébé nu et potelé, avec son monogramme IHS imprimé sur l'estomac, avec le même monogramme disséminé sur le sceau entier, pour la dédicace au nom de Jésus. La Vierge Marie couronnée avec Jésus enfant dans ses bras, apparaît comme dédicace à la Vierge. La place d'honneur est réservée à l'évêque Nicolas (de Hyre), le saint patron des écoliers, avec une représentation délicieuse de lui dans d'amples robes longues pontificales et par un tonneau dans lequel se tiennent deux garçons tandis qu'un troisième se tient légèrement une jambe au-dessus du bord afin de descendre. Ils étaient sur la route de leur école, à Athène, quand ils furent assassinés dans une auberge par l'aubergiste, à Myra, qui les dépouilla de leur argent et de leurs vêtements. Il les découpa et les mit dans un tonneau de saumure où ils furent retrouvés par l'Evêque, suite à un rêve, ressuscités et renvoyés, peut-être à contre cœur, à l'école.
En dessous de ces représentations se trouve le bon fondateur agenouillé sur un bureau, en prière.

Le collège St John fut fondé en 1511 par l'évêque Fisher, agissant au nom de Lady Margaret, note mère d'Henry VII. Les exécuteurs logèrent quelque temps avec le Dr Dolman peut-être pour avoir son avis de juriste alors que lui était intéressé par le Collège au temps de sa fondation. Une preuve de celà est son statut, obligeant les officiers de la Congrégation à consulter le Collège au sujet des appointements des professeurs. En 1525, il fit deux importants dons au Collège, créant neuf bourses d'étudiants et cinq bourses d'élèves pour les garçons de Pocklington. Dans son testament, l'anné suivante, il laisse ses livres de théologie à la bibliothèque du collège. En temps que commanditaire de la Cathédrale St Paul, il dut être impliqué dans l'érection de la nouvelle école de St Paul par John Colet. Il était de toute évidence un homme important en ces jours de regain d'intérêt pour l'éducation. Il semblerait qu'il était septuagénaire lors de son décès en 1526.
Une bonne partie de son action se situe avant la rupture d'Henry VIII avec Rome.

Il serait intéressant ici de spéculer sur les idées du Dr Dowman au sujet de l'éducation. En temps que commanditaire de St Paul il a du subir l'influence de John Colet (Doyen de St Paul et fondateur de la célèbre école St Paul.) Colet était l'un des responsables des nouvelles méthodes d'enseignement. En résumé, son but était de donner aux jeunes une formation effective au lieu de les abreuver de formules pédagogiques. Son exemple fut progressivement suivi dans les autres écoles secondaires si bien que l'exemple qu'il avait déjà mis en place à Oxford y fut suivi et également à Cambridge par ses disciples. L'évêque Fisher, agissant en temps que fondé de pouvoir de Lady Margaret et responsable de la création du collège StJohn (qui logea, comme on l'a vu plus haut, avec le D. Dowman) introduisit au sein de Corpus Christi et du collège StJohn des hommes de la nouvelle école. En tenant compte de tout celà et des éventuels liens étroits avec le collège StJohn, il est raisonnable de penser que le D. Dowman, non seulement fonda l'école de Pocklington mais fût parmi les promoteurs de l'enseignement moderne. Ces hommes éaient de sincères catholiques mais les nouvelles méthodes d'enseignement préparaient les esprits à la réforme.

Les bourses d'étudiants sont toujours appelées les Bourses Dowman. Des terres dans le Yorkshire et le Derbyshire furent concédées au collège pour les bourses et la préférence fut donnée à ceux 'who were his kin name'. Lands in Yorkshire and Derbyshire were made to the College for the Scholarships and preference was given those who were his kin name.) Le contrat contenant ces éléments cimenta les relations entre l'école et le collège. Des garçons sont allés de Pocklington à StJohn comme boursiers Dowman (depuis 1859 comme Dowman Exhibitionners) depuis ce jour jusqu'à présent.

Le testament du D. Dowman est si riche et détaillé qu'il a une certaine importance historique et les quelques extraits fournis ci-dessous ont été pris dans le 'Local Archaeological Journal' Il fut enregistré à la Prerogative Court of Canterbury.

Il commence en latin :
In Dei nominee Amen et le premier legs est pour l'église StPaul : “a coope of red cloth of golde and a vestment of the same” et aussi une somme d'argent. Aussi “11 cushings of cloth of gold to lay before my Lord Byshopp and the Deane whereof the two side is red cloth of golde and tother purpull velvet.” Il y a un legs pour l'hôpital St Thomas “In my Archideaconry of Suffolk X Chalessis to be disposed by thanks of Roger Kent, my Scribe for such churches as he shall think moost nede. I will bequethe all my chief booke of Councille and Docteurs of the law … to the Universitie of Cambridge … … all my books of Divinitie that be of great volumes to the College of Saint John Cambridge … to my god children VIs VIIId … to the pore persons in Newgate and Ludgate to be disposed in brede and drynke or chese as the shell most node Vs … … Xis to the Redempcon of the prisoners that lyeth onely for their fees in either of the said prisons (i.e debtor) … to Mr. Dr. Wolman my wagyn and the harness for the horses … to the Crafts of Haberdas hers 11 great standing Salte wt a Cover pcell gyted (cet intérêt pour les merceries est important comme nous le verrons plus tard) … … to my brother X phofer Dowman 11 greate flat bowlles with a cover a gowne, a jacket, a Doulet a horse sadyll and a bugille with horses complete” La plupart de son mobilier alla à la fille de Christopher, comme : “a trussinge bed note wt the testor and ourtaine paand of yellow and blewe saye” (soie, qui n'aimerait pas avoir un tel lit de nos jours)“a ffether bed, a bolster with 11 pillows, a pair of blankette” (Elisabeth serait au chaud et bien abritée 'warn and snug') … “ a table cloth, 11 pewter chargre, 6 pewter plattes, 6 dishes, 6 saucers a basin and a ewer. A pottell pot, a quarte pot, a pynt pot, 11 pewter pttengers. A nutt note paynted with a cover silver and gilted, a caudron of brasse, a brasse pott, a brase panne, a chasyng dishe of latton, 111 latton candlesticks, a brason morter with a pestell of yron, a wter chafer of brases, a broche with 11 small Bache, a dripping pane of yron, a frying penne, a pair of pothooke.” Les autres filles sont moins bien dotées et obtiennent : “a table cloth, a towel and 111 napkyns”.

L'une des filles, Margaret, entra au couvent (une pratique courante en ce temps là pour les filles qui n'arrivaient pas à se marier) mais nous ne savons pas si Elisabeth s'est mariée. Le soin montré à la description d'objets domestiques dans le testament souligne la grande valeur de tels articles à cette époque. Le D. Dolman montra aussi de l'intérêt pour ses serviteurs. Ils devront “to have at my buryal a gowne, and mete and drynke afterward by the space of a quarte of a yems” Il leur laisse également “xx 3 a pece to pray for me”.
Le reste de son testament est consacré à ses exécuteurs, Robert Russel et William Raschall.




RE-FONDATION DE L'éCOLE DE POCKLINGTON

Durant les trente ans qui suivirent, l'école semble avoir été florissante. Le bâtiment avait peut-être 2 salles de classe et jusqu'à 100 garçons à la fois pouvaient être instruits. Le registre du Collège est élogieux envers les écoliers de Pocklington.

Après la mort d'Henry VIII, en 1547, et l'ascension au trône du petit Edouard VI, le 'Protecteur Sommerset' mis pleinement en œuvre la réforme. Les congrégations religieuses furent parmi les premiers à en souffrir; leurs biens furent confisqués durant l'Acte des Chartes de 1547. Seule une petite partie des congrégations fut maintenue. Elles furent alors appelées Ecoles d'Edouard VI et beaucoup disparurent alors que d'autres survécurent grâce aux dons de bienfaiteurs.

L'école de Pocklington survécut grâce à une singulière circonstance. La congrégation fut dissoute et ses biens confisqués. Il s'avéra que le Dr Dowman n'avait en réalité jamais enregistré la transaction : Thomas Dowman, J.P., et fils de William Dowman (qui était un cousin du Dr Dowman), réclama en qualité d'héritier, lui, Thomas la possession de plein droit de ces biens. Sa réclamation était basée sur le fait que William était co-propriétaire avec John et d'autres des biens concernés et, comme survivant, il devenait le seul propriétaire. Cela est confirmé par : «Annuaire des accords définitifs pour la province de Lincoln, d'Edouard I à Elisabeth.» (original en P.R.O.)

John Dowman, clerc, Christopher Dowman, William Dowman avec d'autres requérents.(Mesuages ?) et des terres à Candlesly, Delby, Partney, Langton et Sausthorpe, la 14èmeannée du règne d'Henry VIII, à la St.Michel (Volume 25, Dossier 156 N° 50) au cas où quelqu'un voudrait vérifier.
La date correspond bien à la mise à disposition des terres pour l'école. Cela montre clairement que le Dr John, son frère Christopher et son cousin germain William (le père de Thomas) sont tous solidaires dans l'acte comme l'affirme Thomas. Donc, comme héritier de William, il devient le seul propriétaire. Le dessein de Thomas était d'adresser une requête au Parlement pour le rétablissement de l'école de Pocklington et la reddition des terres, maintenant légalement siennes, pour la destination initialement prévue par le Dr John. Il était en position de force, vu que le choix était soit d'accepter ses conditions, soit de lui permettre l'usage des biens pour son propre bénéfice.

étant homme de loi de Gray's Inn, sans doute avocat, il avait les compétences requises pour mener cette affaire. Il adressa donc une requête au Parlement pour rétablir l'école libre de Pocklington en conformité avec les buts du Dr Dowman avec les modifications et additions requises. Une copie de cet acte promulgué en janvier 1551 se trouve dans un document des Lettres Patentes daté de juillet 1552. L'acte incluant la requête de Thomas est long et détaillé. Il établit le zèle et l'amour que John portait à sa nation, envers l'éducation et l'élévation de la jeunesse dans la vertu et l'apprentissage, donnant au collège St. John des terres avec 15 livres de revenus annuels pour accueillir 5 écoliers venant de l'Ecole secondaire librement créée par John Dolman à Pocklington. Et dans l'acte passé entre lui et le collège St. John une clause prévoit qu'un manque de boursiers devrait être remplacé par la nomination d'une confrérie ou d'une congrégation à Pocklington, fondées par Licence Royale.
Le "Decret de Chantry" n'avait pas pour but de détruire les bonnes et pieuses fondations créées uniquement pour augmenter le savoir, mais a de grande chance d'être pris et employé à l'inverse de sa signification et l'intérêt de la bonne ordonnance et des réalisations, et pourtant l'université de St John posséde toujours les propriétés données pour les objectifs mentionnés. Ce fait étant de nature à s'assurer du grand mécontentement et (boss????) des habitants de la ville de Pocklington et de tout le pays, à moins qu'il satisfasse votre majesté que ladite et pieuse ordonnance soit reconduite et appliquée.
Autrement dit: L'acte de Chantries n'avait pas pour but de détruire le collège de St John, pourtant pris et employé à l'inverse de sa signification il va y aboutir, au grand mécontentement des habitants, à moins que votre majesté ne reconduise le collège.
Le requérant garda en sa propre possession le bâtiment de l'école et toutes les terres et propriétés achetées par John Dowman pour maintenir l'école ...
The petitioner held in his own possession the school house and all the lands and property purchased by John Dowman to maintain the school without any use declared and no other device yet made for the more perfect continuance of the said Free Grammar School.
Si le requérant venait à mourir (ce dont il est assuré) ils seraient perdus pour l'école. C'est pourquoi il décréta ... Ici suivent toutes les règles et ordonnances nécessaires à la direction de l'école, aux émoluments des professeurs et du personnel et aux besoins des bourses pour le collège St John. Autant que le curé local et les marguilliers, le collège et les archevêques d'York reçurent de nouveau l'autorité de tutelle.

Thomas peut être considéré avec certitude comme le Second fondateur. Il était un homme généreux et consciencieux et il ne perdit pas de temps pour rétrocéder les propriétés à l'école.
Dans une enquête sous la direction de la 'Court of Chancery' en 1698, à propos d'un différent sur des terres à Thryburgh, le verdict confirma que par une inscription du 9 janv. 1553/4, Thomas avait donné au directeur et au maître d'école Alexander Smith et à leurs successeurs pour toujours, toutes les terres mentionnées et habitations etc. à pepétuité. Ce document explique comment Thomas était devenu l'héritier de ces propriétés: John Dolman LLD et William Dolman étaient ensemble, et avec d'autres cohéritiers, détenteurs en toute propriété de leur domaine et terres de Thryburgh et William, le père de Thomas, survécut aux autres co-héritiers.

La tombe de Thomas se trouve dans l'Eglise paroissiale, dans la chapelle de Notre Dame et une inscription sur le monument révèle qu'il était juge de paix, marié à Elizabeth Vavasour de Spaldington et qu'il eût 12 enfants dont 5 garçons et 3 filles survivaient à sa mort en 1589. Son fils aîné Robert et lui furent impliqués dans la bonne marche de l'école.

Il fallut près de 100 ans pour que la Réforme soit acceptée dans les pays les plus au Nord de l'Angleterre et la famille de Thomas fut suspectée d'être de 'subtils papistes'. L'extrait qui suit provient d'une lettre d'information fournie par un enquêteur de la reine Elizabeth au Conseil qui est maintenant conservée au «State Papers Office :»

‘Goirge Dolman of Graies Inne and his brother, Hee (that his a seminary priest named Smith) is most lyke to haunt the company of yoinge Mr. Dolman of Grays Inn son of old Mr. Thomas Dolman of Pocklington near Yorke, who laytly reported that his sayd sone was gone into Yorkshire to be marryed. And it is said that Dolman’s younger sone is laytely gone over the seas. The father did beloing to my Lady Margaret Leaneuxe and greatly in her favore, and a subtill papist thought to be. Both his sonnes noted papists. For being of Graisine They Lodged Thomas Aubfild a noted seamenarye now prisioner in the Tower who haunted the North and heard him say a number of masses in there chamber. And one of those Dolman’s did accompany Aubfild to Campyans execucyn and took noats of his words and manr of execucyon and delivered the same to Rowlande the prynter in Smithfield and Aulfild did deliver 11.j of the books printed unto one of these too Dolmans. And dyvers other seameanaryes did haunt to these too Dolman.’

L'épouse de Thomas était la fille de John Vavasour et la sœur et l'héritière de Peter Vavasour, de Spaldington. Son frère, Robert, épousa Jane, fille et co-héritière de John St Quintin et mourrût sans descendance. Son fils aîné, Sir Robert épousa Eleanor, fille de Sir William Mallory, de Studley. Son second fils, Peter, épousa Elisabeth, fille de Richard Remington, D.D., et veuve du révérend John Watson. Un troisième fils, Marmaduke de Millington, épousa Ursula, fille de John Rudson et veuve de Christopher Langley, de Millington.

Depuis Alexander, la généalogie montre que les Dowmans se sont mariés au sein de familles locales connues et ceci, en plus des mariages mentionnés ci-dessus, a du apporter des richesses considérables à la famille. Cependant, l'association de Thomas avec la famille Leannox (puissants partisans de Mary, reine d'Ecosse) et son évidente association quasi ouverte avec des papistes bien connus entraînait de gros risques et il n'est pas surprenant qu'en 1610 James I accorda une partie de ses propriétés à David Drunmond comme punition de non con-formisme. (Voir les 'State Papers')
Son frère Marmaduke fût encore plus malchanceux puisqu'il périt à Marston Moor en 1645 en combattant pour le roi. En 1652 son nom est cité dans la vente de terres réquisitionnées pour trahison au profit du Commonwealth (Voir le journal de la 'House of Commons') Le fils de Marmaduke était en guerre contre le parlement et, en 1652, ses biens furent confisqués par un Acte, pour trahison. Il décède deux ans plus tard.

Retournons à Sir Robert. Son petit-fils, prénommé Robert également, est décrit comme un adhérent dévoué à la cause royale. En 1664, lui et sa femme sont accusés de ne pas aller à l'église… une faute grave en ce temps là. Son fils, Robert également, fut impliqué dans la célèbre et infâme conspiration papiste

En 1679, ce Robert Dolman fût accusé de haute trahison par les promoteurs de la soit disante conspiration papiste Il était accusé, lui et Sir Robert Gascoigne,de Barnbow, John Middleton, de Stockeld Hall, Lady Tempest, Sir Francis Hungate, Sir Miles Stapleton de Carlton, et d'autres papistes de qualité, de vouloir tuer le roi Charles II et son frère, pour restaurer la religion catholique et établir un couvent à Dolbank, près de Ripley.
C'était le travail du célèbre Titus Oats. Il parût évident que c'était un montage et ils furent tous acquités sur la déposition de Sir Thomas Yarborough et sa femme. (Voir Depositions from York Castle, Surtees Society, vol. II)
Le triste résultat de cet épisode fût une grande publicité qui réveilla une fureur populaire de persécution des Catholiques.

Avant de quiter Thomas et la famille Dolman, dont l'influence est évidemment maintenant fortement réduite, je voudrais mentionner un autre aspect de Thomas. En 1955/56, j'entretenais une correspondance avec M. Fudge, rédacteur au ‘Genealogical Quarterly’, et, dans une lettre datée du 27 janvier 1956, il m'envoya l'information suivante :

Je pense avoir trouvé un article très intéressant. En 1930, un dénommé H.R. Moulton a édité un gros catalogue pour vendre quelques milliers de documents anciens originaux qu'il avait en sa possession. Il édita cette liste de façon privée, sous le titre de ‘Palseography’. Je connaissais bien M. Moulton; il est mort juste avant la dernière guerre et sa collection de documents, ou ce qu'il lui restait d'invendus, fut vendue par plusieurs libraires, dont moi. J'ai vendu ceux que j'avais acheté pendant la guerre. Cela signifie qu'on ne peut retrouver la trace de ces documents mais le catalogue mentionne :
Le 10 décembre 1550, contrat entre Thomas Dowman, servant de Cuthber, Evêque de Durham et John Tailfer, également son servant, par laquelle le dit Thomas Dolman abandonne sa charge de clerc de réception de l'intendance de Durham et d'officier de police des prisons de Stockton, Comté de Durham au profit du dit évêque.
Cela peut très bien vouloir dire que Thomas Dolman ayant revendu sa charge à la fin de 1550, refonda l'Ecole de Pocklington l'année suivante ... Il est malheureux que ce document ne puisse-t-être retrouvé. M. Moulton l'avait mis dans son catalogue au prix de seulememt 21 pences. Je suppose que le directeur de l'Ecole de Pocklington serait intéressé par ce document.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas impossible de le retrouver : Avec un peu de persévéreance et un bonne dose de chance, j'ai fini par le retrouver au bout de 2 ans. Il est en excellent état et est cacheté du grand sceau. Il est à peu près de la taille de la paume de ma main et montre la reine Elizabeth I assise sur le trône, tenant le monde et, au verso, les armes royales.
Il semble très probable qu'il s'agisse bien de notre Thomas. Le Thomas de l'acte étant officier de police judiciaire doit être un avoué.
En outre, le fait que la fille de ce Thomas, Bridget épousa George Middleton de Newton, comté de Durham, dénote une relation avec cette partie du monde. De plus, il serait hautement improbable qu'il y eût un autre Thomas à cette date précise.
Je pense que si l'Ecole de Pocklington trouve de l'intérêt pour ce document, il pourrait lui être remis. (Depuis que j'ai écrit ces lignes, ma nièce Lynn Alison l'a, à ma demande, donné à l'école poutr qu'il y soit encadré.)


SECONDE PARTIE

CHRISTOPHER VA VERS LE SUD

Christopher, fils de William et frère du Dr John quitte le Yorkshire vers le sud, pour le village de Newnham près de Baldock, dans la province de Hertford seulement quelques kilomètres au sud de la province de Cambridge. Nous savons peu de chose sur Christopher, sauf qu'il épousa Elizabeth, fille de Thomas Mowsworth. Il maintînt une relation étroite avec son frère John et, comme nous l'avons vu, il est cité dans son testament. Il est peut-être allé vers le sud pour des raisons de santé. Il meurt en 1539, 13 ans après son frère John et il avait probablement passé son 70ème anniversaire.

Il appela son fils aîné John comme son frère. John mourût en 1558. Sa femme était Jane, fille d'Henry Sapcotts de Lincoln. L'une de ses soeurs, Margaret, était religieuse. L'héritier de John était James, né en 1598 et marié à Joan, fille et héritière de Henry Gowlshull de Bedford en Holderness dans le Yorkshire. James avait 2 frères : William qui acheta le manoir de Caldecote (seulement à quelques kilomètres de Newnham) et Christopher dont nous pensons qu'il est mort jeune. William reste un mystère. Le manoir est resté dans la famille de 1557 à 1593/4. J'ai longuement recherché des traces de William mais je n'ai rien trouvé, ce qui est étrange, vu l'estime dont le reste de la famille jouissait.

La raison de cet intérêt pour Christopher et sa famille est que c'est cette famille dont la branche irlandaise descend. Lorsque j'étais enfant, mon grand-père Charles (mort en 1843) me racontait que l'origine de la famille venait de Pocklington et je possède une lettre de Marmaduke Dolman adressée au Capt. Dowman (mort en 1910) datant de 1866, donnant des informations sur le blason des Dowmans. D'après le ton de la lettre, il est évident que Marmaduke considérait le Capt. John comme un lien entre les Dolman et les Dowman. Voici cette lettre :


Le 21 août 1866
Souldern House Banbury.


Mon cher monsieur,

Je vous remercie pour votre lettre et pour l'écusson. Je serais très intéressé de voir la peinture sur bois lorsqu'elle sera terminée. Je vous envoie 6 variantes des armes portées par ma propre famille, dont le nom, à l'origine était indifféremment Dowman ou Dolman. La première variante est celle portée par l'Archidiacre Dowman ou Dolman, sous le règne de Henry VII et Henry VIII et semble être l'original. Les autres sont des variantes. La seconde variante est celle portée par les Dolman de Pocklington que je représente. La dernière fût portée par un Dowman du Yorkshire aux environs du règne d'Elisabeth I et est semblable à celle que vous portez. Les Dolman de Newnham et de Newbury étaient des personnes éminentes en leur temps, mais cette branche est éteinte depuis longtemps. Toutefois, vous pourrez voir qu'ils sont mentionnés dans le papier que je vous ai envoyé.



Fidèlement à vous,
Marmaduke Dolman.

Il est bien malheureux que nous n'ayons pas ce papier dont parle la lettre, bien que j'espère avoir une bonne nouvelle bientôt.

Ce qui nous intéresse est l'information accompagnant la lettre, à propos des armes comme elles étaient portées par James Dolman de Bedford dans l'Holderness. Il s'agit, de toute évidence de James de Newnham parce que, comme il est dit plus haut, il épousa Joan, fille et héritière de Henry Gowlshull de Bedford en Holderness. Les armes sont:

‘Azure on a fess engrailed between 3 garbs or on this 3 birds closeon field beaked and membered gules.’
soit:
d'Azur, sur une fasce engrelée entre trois gerbes d'or trois oiseaux alignés du champ (d'azur) à becs et pattes de gueules.

Ce sont les mêmes armes que celle de la famille de Newnham (Voir ‘Visitation of Herts. & Clutterbuck (or Cluckbuck) History Harlem (probablement Harleian) Mss 6769’

Marmaduke fait remonter la mort de James au 10 novembre 1607. En fait, c'est la date du décès de Joan, l'épouse de James. Il subsiste une effigie de bronze représentant Joan et ses enfants dans l'église de la paroisse de Newnham, avec l'inscription suivante :

Here lyeth Joane Dowman, ye wife of James Dowman who was daughter & heire of Henry Gowlshull, sonne and heir of Robert Gowlshull, of Beford in Holderness, in ye countrye of Yorke, Esqr. Which Joane dyed ye Xth daye of November 1607 in ye LXI year of her age having 7 children lyving viz: one sonne and 6 daughters.

Ci gît Joane Dowman, épouse de James Dowman, fille et héritière de Henry Gowlshull, fils et héritier de sieur Robert Gowlshull, de Beford en Holderness, dans le pays d'York. Laquelle Joane est décédée le 10ème jour du mois de novembre 1607, dans sa 61ème année, ayant 7 enfants encore en vie : un fils et 6 filles;

Il semblerait que James ait hérité de propriétés à Beford, près de Newnham et aille habiter là bas. Son fils, Edward, habitait à Swinhope, dans le Linconshire.

Notons ici que les armes portées par les Dowman irlandais sont les mêmes que ci dessus sauf que la fasce est denchée au lieu d'engrailée. Ce pourrait-être parce qu'ils n'étaient autorisés à porter qu'une variante de celles portées par James, son fils Edward étant la seule personne autorisée légalement à porter la version initiale.

La peinture sur bois mentionnée dans la lettre de Marmaduke est en ma possession et me fut donnée par ma cousine Ethel, une petite-fille du Capitaine John Dowman à qui la lettre était adressée, cette lettre où sont décrites les armes. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec les termes héraldiques, voici à quoi cela ressemble :

Sur un fond bleu azur il y a trois gerbes de blé dorées, deux au dessus et une sous une bande qui traverse le devant du fond; sur cette bande, il y a trois oiseaux avec un bec et des pattes rouges (par exemple des choucas);
la bande ressemble à ceci : engrailed, ce qui est l'unique différence avec l'original de Newnham où la bande a la forme d'un zigzag : dancette En réalité, les couleurs sont très belles et le cimier familial est un choucas, comme dans les armes.

Or, tout cela, bien que très intéressant, est important car cela montre un lien entre Newnham et l'Irlande.

Cela nous amène à George Dowman, dont nous pensons qu'il est le premier des Dowman de Cork. D'après les archives de Lismore il aurait loué une maison et un jardin à Bandon, comté de Cork en 1627. En 1628, les registres paroissiaux de l'église St. Bride, rue Fleet à Londres, donnent cette information, dans la rubrique des mariages : 'George Dowman habitant le comté de Cork, agé de 21 ans, de père décédé, et Heleonor Goode, fille du dernier Robert Goode, gentillhomme de Bassingborne Cambe, agée de 19 ans, avec le consentement de sa mère. Le 14 août 1628.'

Là, l'affaire se corse : Newnham est seulement à 10 miles environ de Bassingborne. Cela rend très vraisemblable que George fût un membre de la famille de Newnham.
Les faits mentionnés ci-dessus entretiennent la conviction qu'ils venaient à l'origine de Pocklington : le fait évident que les Dowman irlandais portaient les armes de la famille et que George épousât une fille à quelque kilomètres seulement de Newnham. Tout ces faits sont des preuves assez concluantes de la connexion entre Newnham et Cork.

Toutefois, il y a un an environ, mon bon ami Michael Leade alors qu'il effectuait des recherches au British Museum tomba sur une copie des admissions au Collège Royal de Cambridge qui donnait de nombreuses informations sur la famille Goode, Good ou Goad (orthographe indifférente pour utiliser l'expression de Marmaduke Dolman). Un large passage est accordé à Roger Goad né à Horton Bucks : admis au collège royal; élève d'Eton en 1555. B.A. 1559-60, M.A 1563; B.D. 1568-9, D.D 1576, Fellow 1558, Provost 1570/1610. Lady margaret preacher 1572-7 Vice chancelier (1576-1608) aumônier du comte de Warwick et décédé le 25 avril 1610. L'extrait mentionne également ses enfants : Christopher, Matthew, Richard, Robert, Roger et Thomas.

De nombreux autres membres de la famille Goode, Good ou Goad sont énumérés et les Goode sont localisés à Bassingborne. D'autres recherches de Michael sur le ‘Sims Index’ du manuscrit original d'Harleiam fournissent l'information nécessaire pour confirmer sans aucun doute les liens entre les deux familles. Jane, fille de John Dowman de Newnham, épouse Gowen Pelsant de Milton Cambs et leur fils, William Pelset épouse la fille du Dr. Roger Goad. Une autre fille de John Dowman , Grace, épouse William Turpin de Bassingbourne, qui ést un fils de Leonard Turpin et de Margaret fille de William Pelsett. Il est serait difficile de croire que George Dowman, habitant dans le comté de Cork, ne soit pas un membre de la famille. Cependant, nous n'avons pas encore réussi à trouver le lien avec George; mais mon idée est que William Dowman de Caldecote devait être son père ou son grand-père.

Nous avons un testament de Thomas Goog d'Abington, Bassingbourne & Royston daté du 20 mai 1580 mais cela ne nous aide pas.

Un aspect intéressant est le fait qu'un fils du Dr. Roger Goad, le Rév. Thomas Goad, né en 1576, vient en Irlande et meurt à Dublin en 1638. Il pourrait bien avoir connu George Dowman.

Le registre de l'université de Dublin recense 'Humphrey Good étudiant en 1614, B.A. 1617, M.A. 1621, fils de David Vicar, de St. John Kilkenny' et 'Richard Good étudiant vers 1604'.

Il serait raisonnable de postuler que George Dowman ait visité les Turpin à Bassingbourne et là, il n'aurait pu manquer de rencontrer la famille Goode et sa future fiancée Heleanor.

* Cooper, C. H.; Cooper, T.: Athenae cantabrigienses. 3 vols. Cambridge 1858-1913.